Ma mère a disparu il y a 16 ans. C’est ma grand-mère qui m’a éduquée.
J’avais seulement trois ans lorsqu’elle est partie — je ne me souviens presque plus de son visage, juste d’un sentiment chaud comme dans un rêve : le parfum qu’elle portait, sa voix qui me chantait des berceuses, ses bras qui me serraient fort. Puis — un vide infini.

Un jour, elle ne revint pas. Aucun appel, aucun message, aucune trace. Les adultes murmuraient : « Peut-être qu’elle a fugué… », « Peut-être qu’il lui est arrivé quelque chose de terrible… » — mais personne ne savait vraiment. Une seule chose était certaine : elle n’était plus là.
Ma grand-mère — la maman de ma maman — a pris en charge mon univers. Elle m’a veillé les jours où je n’avais plus personne. Elle m’a appris l’amour, la foi, la force même lorsque le cœur se brise. Jamais elle ne parlait mal de ma mère. Au contraire — chaque soir, elle racontait à quel point elle était douce, intelligente, pleine de rêves et combien elle m’avait aimée. Même si elle avait disparue — l’amour demeurait.

Avec les années, j’ai commencé à poser des questions : pourquoi ? où est-elle ? pourquoi ? Mais aucune réponse. Juste un silence pesant, et des photos anciennes qui faisaient mal au cœur.
Parfois, j’avais de la colère contre elle — pour avoir disparu. Pour ne pas avoir combattu. Pour ne pas être venue… à ma remise de diplôme, à mes anniversaires, quand j’étais malade. Et pourtant, je ressentais une tristesse si profonde qu’elle me consumait.
Aujourd’hui, j’ai presque l’âge qu’elle avait lorsqu’elle a disparu. Et j’ai compris combien il est difficile de grandir, combien il est facile de se perdre dans la peur — et combien il est dur de demander de l’aide.

Je ne sais pas ce qu’il lui est arrivé. Vit-elle ? M’a-t-elle oubliée ? Mais je sais une chose : je n’abandonne pas l’espoir. Chaque année à son anniversaire, j’allume une bougie et murmure mon désir : la retrouver. Ou au moins trouver des réponses.
Ma grand-mère… Elle vieillit, mais ses yeux restent chaleureux et forts. Et en eux se reflète tout ce que je sais de l’amour.