Après le décès de ma grand-mère, j’ai hérité de sa vieille maison. Un lieu chargé de souvenirs d’enfance : l’odeur des livres anciens, celle des tartes aux pommes, et le tic-tac discret d’une horloge massive accrochée près de la cheminée.

Cette horloge était un véritable colosse de bois et de bronze. Petit, je la craignais : de jour, elle semblait docile, mais la nuit, son tic-tac régulier résonnait comme un cœur dans l’obscurité.
Après les funérailles, je m’y suis installé temporairement pour tout remettre en ordre et décider de vendre ou conserver la maison.
Durant la première nuit, je n’ai presque pas dormi. Ce n’était pas la peur, mais quelque chose n’allait pas : l’horloge ne sonnait pas aux heures justes. À 3h17, un coup ; à 3h41, deux ; à 4h09, trois. Ce n’était pas un hasard.

J’ai noté chaque déviation. Ce que je croyais un défaut mécanique était en réalité un message chiffré. Après des heures à déchiffrer, j’ai trouvé :
« SOUS UNE LAME DU PLANCHER ».
Mon regard a immédiatement été attiré vers la lame légèrement plus claire, sous le tapis près de la cheminée. Je l’ai soulevée, et en dessous se trouvait une boîte métallique rouillée.
À l’intérieur : une enveloppe remplie d’argent et une lettre écrite de la main de ma grand-mère :
« Tu as toujours été intelligent. Si tu lis ceci, tu as trouvé. Dépense-le bien. Mais garde l’horloge. Elle se souvient encore. »
Depuis, l’horloge fonctionne parfaitement, ni retard, ni avance.

Parfois, en rentrant chez moi, lorsque j’entends son tic-tac rassurant, j’ai l’impression que grand-mère est là, souriante, comme revenue d’entre les morts.